....L'eau tiède coulait doucement sur son corps comme une cascade de sentiments inonderait un
c½ur meurtri. Elle ferma les yeux et essaya de vider son esprit. Impossible. Les images de sa vie
gâchée hantent son âme, elle se sent coupable, coupable de faire pleurer ceux qu'elle aime,
coupable de ne pas être une bonne élève, coupable de vivre ... Mais elle est sereine. Son poux bat
doucement, trop doucement peut être. Elle ne pleure pas, il y a longtemps qu'elle a appris que
pleurer ne servait à rien, elle sait que le malheur ne pars pas aussi facilement que des larmes
Beaucoup de gens disent que les larmes sont salées, mais les siennes ne sont ni salées, ni sucrées,
elles sont amères. . Elle arrête l'eau, en espérant que les battements de son c½ur s'arrêtent aussi,
mais décidément, la Grande Faucheuse n'a pas l'air décidé à l'accueillir tout de suite. Elle ne mérite
pas de mourir, ce serait trop facile, s'endormir à jamais, ne plus affronter tous ses regards déçus
autour d'elle, elle doit souffrir encore. Elle sortit de la douche et frissonna au contact de ses pieds
nus sur le carrelage glacé. Une délicieuse sensation de glace s'empara de son corps. Elle se
demanda si elle ressentirait cela lorsque le diable s'emparerait d'elle. Elle s'habilla de ses plus beaux
vêtements, maquilla ses yeux de noir et mit du rouge sur sa bouche .Rouge... sa couleur préférée,
la couleur de l'amour d'autrefois mais maintenant celle du sang, celle du soulagement celle du
futur... Elle se regarda une dernière fois dans le miroir , et sortit . En entrant dans la cuisine, elle
crut entendre, au loin dehors, des rires d'enfants. Elle jeta un coup d'½il par la fenêtre et sourit en
pensant que c'était la dernière fois qu'elle voyait des arbres, des voitures, un chat ... Elle balaya la
pièce du regard et prit le couteau qui était posé sur la table .Ce n'est plus qu'une question de
secondes se dit elle. Elle retourna dans son bain et commença à s'ouvrir les veines. C'est à ce
moment là que toute sa vie défila devant ses yeux. Son premier amour, elle enfonça un peu plus la
lame dans son poignet, le sang coula sur le carrelage, toues ces larmes qui coulaient inutilement
sur ses joues, la douleur était maintenant devenue insurmontable. Elle se dit que c'était trop long,
qu'elle ne pouvait plus attendre, elle avait déjà trop attendu. Elle prit le couteau à deux mains,
inspira une dernière fois, ferma les yeux, et se l'enfonça dans le c½ur, car elle avait déja assez
souffert...